Que faire dans un établissement où l’administration interdit les jupes longues?


  • Voilà un message reçu par une assistante d’éducation. Un nouveau cas où une administration délire : la proviseur adjointe convoque deux élèves qui portent des jupes longues et va jusqu’à regarder ce qu’elles portent sous leurs tenues…

    Que l’on se comprenne bien : l’idée de ces posts n’est pas de se lamenter encore une fois. Au contraire, je profite de ce statut pour vous donner quatre conseils si, en tant qu’assistante d’éducation, enseignant ou élève vous êtes témoin de pareille situation. Voici le mode opératoire : 

    – d’abord soutenir ces élèves, entamer une discussion où on les rassure. Vous imaginez bien la violence symbolique qui s’abat sur ces filles quand elles sont convoquées par l’administration. Parfois, le proviseur peut même aller jusqu’à appeler la préfecture comme à Montpellier le mois dernier. Dingue.

    – aller directement voir l’administration avec un discours clair : souple sur la forme mais ferme sur le fond. Nous sommes en face d’un nouveau dévoiement de la laïcité et les fautifs dans ces histoires, c’est l’administration et pas les élèves. Y aller à plusieurs, notamment avec les parents voire certains enseignants ou assistants d’éducation car il est évident que dans de nombreux établissements, les personnes censées demeurent.

    – contacter le CCIF directement qui fera parler le droit. Je peux vous assurer qu’une petite « pression » d’élèves ou d’enseignants voire la mise en contact du CCIF peut « refroidir » les chefs d’établissements les plus zélés. Ceci étant, certains établissements ont des responsables tellement fourbes que la direction peut parfois se « venger » sur l’enfant. Une femme musulmane est venue me dire la dernière fois que puisqu’elle ne s’était pas laissée faire, la directrice « humiliait » parfois sa fille en classe en guise de « mesure de rétorsion ». Heureusement que ce sont des cas isolés mais c’est malheureusement le fruit de ce climat anxiogène sur l’islam qui pousse certains responsables à se permettre tant d’abus.

    – après ces différentes mesures, la plupart du temps, l’administration recule. Si au pire, ça ne marche pas, vous avez l’exemple de Montpellier : la solidarité des autres élèves qui se fait parfois spontanément car ils réfutent ces pratiques liberticides. C’est un merveilleux signe d’engagement de voir cet élan de jeunes qui disent tout simplement qu’en France, chaque élève peut s’habiller librement. Avec en plus la presse qui peut parfois venir couvrir l’évènement, je peux vous dire que l’administration réfléchira à deux fois avant de se donner une mauvaise réputation. Surtout qu’encore une fois : les administrations qui mènent ce genre de pratiques sont hors la loi. Les filles peuvent quand même s’habiller librement et selon leurs choix, on n’est pas en Corée du Nord!!

    Voilà le message de l’assistante. Courage, solidarité et probité.

    « As salamu alaykoum, Je vous adresse ce message pour avoir vos conseils. Étant assistante d’éducation dans un collège où la plupart des élèves sont d’origine maghrébine. J’ai un très bon contact avec eux étant la seule à être des mêmes origines qu’eux. 2 élèves ont été confrontées à un problème hier : l’une voilée est venue vêtue d’une longue robe une Abbaya et l’autre non voilée portait une robe longue assez ample qui sont à la mode d’ailleurs. Lors de la recréation elles sont venues me voir me disant que la principale adjointe a demandé à regarder sous leur robe pour voir si elles portaient en plus un pantalon et qu’elle leur a interdit le port de robes aussi longues car elles seraient  » des tenues islamiques » . Pour se justifier elle a ajouté que si elle voyait un élève avec une croix apparente elle réagirait de la même manière! J’ai vu la principale adjointe et j’ai appuyé le fait que ce n’était que de simple robe mais je n’ai pas su comment vraiment gérer la situation car je trouve quand même ça abusif. J’aimerais vraiment agir face à cela mais je ne sais pas comment m’y prendre … »