Salir des hommes pour défendre l’impunité d’Israël : soutien total à Pascal Boniface et Dominique Vidal!


  • Je vous propose ma première fiche de lecture de l’année. Elle concerne deux livres qui évoquent le conflit israélo-palestinien sous des angles différents mais complémentaires. En lisant cet article, vous aurez sans doute l’envie de dévorer ces deux ouvrages mais surtout, vous découvrirez la trajectoire courageuse d’hommes qui ont du subir menaces, coups bas et accusations gratuites pour le seul fait d’avoir appelé au respect du droit international. Choquant !

    Commençons par l’ouvrage de Pascal Boniface. Il a pour titre “Antisémite”, il fait 200 pages et il est préfacé par le sociologue Michel Wieviorka. Dans ce livre, celui qui est le fondateur de l’Institut de recherche internationale et stratégique (IRIS) relate l’histoire d’une note qu’il a écrite en 2001 à l’adresse du Parti socialiste (PS) dont il était membre. Rappelez-vous, à l’époque, l’actualité internationale était dominée par la Seconde intifada. À l’époque également, la société française était polarisée entre soutiens d’Israël et défenseurs de la Palestine. Au niveau des états-majors politiques, beaucoup étaient alignés sur le camp israélien. Pascal Boniface rédigea alors un document pour la direction du PS en précisant que le parti faisait fausse route sur cette question. Non seulement, la décision de soutenir le gouvernement israélien qui multiplie les violations au droit international était moralement condamnable car contraire aux principes universels de justice mais en plus, elle était politiquement incohérente car en courtisant un hypothétique “vote juif”, le PS s’aliénerait la communauté musulmane qui était plus nombreuse numériquement.

    Pour avoir dit ça, Pascal Boniface va être traîné dans la boue et il en subit les foudres jusqu’à aujourd’hui. Aux accusations totalement injustifiées d’antisémitisme relayées par une partie des élites politiques et médiatiques, viendront s’ajouter des intimidations, menaces de mort, et même tentatives de fermer son institut! Le Crif en effet, ne vas pas hésiter à faire pression sur les pouvoirs publics pour arrêter la collaboration financière avec l’IRIS, histoire d’asphyxier financièrement son directeur et le contraindre au silence.  Vous lisez bien : jusqu’à aujourd’hui, des hommes politiques en France sont prêts à piétiner la liberté d’expression au seul motif qu’un intellectuel se permet de critiquer l’impunité d’un État étranger qui méprise les résolutions de l’ONU. C’est toute cette histoire, jalonnée d’épisodes aussi invraisemblables que la perte par son fils d’un stage au prétexte que le nom “Boniface” serait suspect, que Pascal raconte avec brio. Il  nous apprend surtout comment un homme a décidé de rester ferme dans des principes qui, sommes toutes, demeurent ceux de la République puisqu’il s’agit tout simplement de revendiquer le respect du droit qui est la base de résolution de n’importe quel conflit au niveau international.

    Enfin, l’autre enseignement qu’on peut tirer, c’est de se rendre compte combien les réseaux alignés de manière inconditionnelle sur la politique criminelle de l’État d’Israël disposent d’une très solide influence en France. Comment peut-on aujourd’hui interdire de parole publique dans des conférences un homme pour le simple fait de ses idées ? Comment peut-on l’accuser d’antisémitisme alors que jamais un tribunal ne l’a qualifié comme tel ? Comment peut-on expliquer que les médias maintsream n’aient pas daigné parler de son ouvrage alors qu’il apporte une contribution essentielle dans la lutte contre l’antisémitisme et pour l’instauration d’une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens ? En effet, Pascal Boniface est de ceux qui luttent depuis toujours et avec acharnement contre toute forme de racisme. Il a reçu de nombreux témoignages d’amitié de la part de juifs qui ont été scandalisés ces dernières années par la manoeuvre sournoise qui a consisté à l’éjecter du débat public sur la base de fausses accusations.

    Bref, vous m’avez compris, il est essentiel pour nous de s’inspirer de la dignité de ceux qui aux côtés de Pascal Boniface – et ils sont nombreux – gardent le cap de la défense des idéaux de justice et du respect du droit quand bien même ces postures leur coûtent professionnellement et médiatiquement. Leur comportement est exemplaire et l’attitude de ceux qui les diabolisent gratuitement pour salir leur réputation et les rendre infréquentables est indigne. L’une des manières de leur rendre hommage est de ne pas hésiter à acheter leurs ouvrages. Ce qui est plaisant aujourd’hui est de constater que malgré le boycott des grands médias, « Antisémite » se vend très bien! La première édition a été épuisée et une deuxième est en cours de réimpression. A nous de contribuer au lancement de la troisième !

    Le deuxième livre que je vous conseille vivement est celui rédigé sous la plume de Dominique Vidal. Intitulé « Antisionisme = antisémitisme? », il est également sorti il y a quelques jours aux éditions Libertalia. Il a pour objet de répondre à la déclaration invraisemblable prononcée par Emmanuel Macron l’été dernier et dans laquelle le président de la République a déclaré : « Nous ne céderons rien à l’antisionisme, car il est la forme réinventée de l’antisémitisme ». Ce chantage à l’antisémitisme est en effet très régulièrement utilisé par les réseaux pro-israeliens pour interdire toute critique de la politique répressive du gouvernement de Tel Aviv. Avec cet ouvrage didactique, très bien écrit et d’une centaine de pages, Dominique Vidal nous fait une démonstration imparable qui démontre combien ce chantage est à la fois inacceptable et dangereux.  J’ai beaucoup aimé l’apport historique qui permet de réinscrire le conflit dans un temps long. On y apprend beaucoup, sur les racines de l’antijudaïsme en Europe, sur les ressorts idéologiques du sionisme ou sur la politique de la France à l’égard d’Israël de 1948 à aujourd’hui. De tradition juive, Dominique Vidal apporte la démonstration que nombreux sont les juifs de France et du monde qui n’acceptent pas que leur identité soit trahie par un gouvernement populiste et fascisant qui, sous couvert de défendre le judaïsme, instrumentalise la Shoah pour mieux couvrir sa domination.

    Ce livre de Dominique Vidal est donc vraiment à lire et à faire lire et comme il est court, il ne vous prendra pas beaucoup de temps ; vous en gagnerez énormément en terme d’apport intellectuel, je vous le promets !